Tergiversations d'une herbivore sociopathe

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21 mai 2009

Féministe tant qu'il le faudra

Je me souviens qu'une fois, lorsque j'avais annoncé à un Monsieur que j'étais féministe, avec quelques réticences toutefois, il m'avait lancé un oeil torve en me répondant "Ah bon, ça existe encore les féministes?"

J'ai été décontenancée et ne sus que répondre. Si comme moi vous êtes convaincus du bien-fondé de l'existence du féminisme mais que vous manquez parfois d'arguments devant le mépris certain de vos congénères, ceci est pour vous...


Il y a quelques jours, je découvre un site charmant sur lequel figurent des raisons d'être féministes. Je vous donne celles qui m'ont le plus interpellée ou/et amusée!

* Parce que c'est dégueulasse que, lorsqu'une femme se promène le soir et qu'il lui arrive des ennuis, si elle a le malheur d'être en jupe courte, on considère que "quand même, elle l'a un peu cherché".

* Pour que lorsqu'on est quatre copines à se promener dans une rue, il ne se trouve plus de petits malins qui nous disent "alors, mesdemoiselles, vous êtes toutes seules ?", parce que non, nous ne sommes pas toutes seules, nous sommes quatre.

* Pour que les journalistes arrêtent de se croire obligés de préciser que telle sportive de haut niveau est quand même féminine.

* Pour qu'on ne demande plus à une femme qui travaille  "Mais qui est le chef de famille dans votre foyer ?", parce qu'on n'est pas chez les scouts et qu'il n'y a pas de chef dans la famille…

* Parce que jusqu'en 1924, les femmes n'avaient pas le droit de passer le baccalauréat, que  jusqu'en 1945, elles n'avaient pas le droit de vote et que ce n'est pas si loin que ça…

* Parce qu'il est agaçant de constater que dans les contes de fées de notre enfance, ce sont toujours les jeunes filles qui espèrent et attendent le prince charmant, qui mettent leur vie entre parenthèses jusqu'à son arrivée et ce dernier ne trouve rien de mieux que de les engrosser à répétition pour les rendre heureuses. "Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants…"

* Parce que, selon l'Insee, en vingt ans, les maris des Françaises qui travaillent n'ont augmenté que de 11 minutes leur temps de participation quotidienne aux tâches domestiques, passant ainsi de 54 minutes en 1975 à 75 minutes en 1995. Quant aux femmes, elles ont péniblement diminué leur temps de travil domestique  de 3h 15 à 3h 09. A ce rythme-là, l'égalité dans ce domaine serait  donc atteinte en 2075! (d'après les calculs d'Alain Braconnier,               auteur du Sexe des émotions).

* Parce dans toute société qui défend des valeurs machistes,  il y a de l'homophobie.

* Parce que les femmes qui travaillent ou font de la politique n'ont  pas à prouver qu'elles peuvent le faire, qu'elles sont aussi à leur  place, que oui, tout ça les intéresse et que oui elles y comprennent  aussi quelque chose !

* Parce que quand je lis des catalogues de jouets et que je vois une  table à repasser pour petite fille avec un commentaire qui dit  "la petite fille trouvera valorisant de faire comme sa maman", ça me fait vomir de penser qu'il y a des gens qui pensent comme ça.

* Pour qu'on puisse dire que c'est notre mec qui fait la cuisine (et la vaisselle) sans que l'entourage trouve cela scandaleux !

* Pour que, dans les films, les hommes arrêtent de prendre les femmes  par la main quand il faut courir. Une femme ne peut donc pas avancer  une jambe devant l'autre pour fuir sans la main d'un homme ?

* Parce qu' "Un gars, une fille", c'est drôle cinq minutes. (et encore)

* Parce que Margaret Mead a démontré que les différences de caractère entre hommes et femmes ne relèvent que de la culture (si bien que dans certaines cultures, les hommes font ce que font les femmes ici et vice-versa) et qu'il serait temps que le monde le sache (surtout que l'ouvrage date de 1935 pour sa version anglophone…).

* Pour que le crétin qui présente Stade 2 ne montre pas des photos sexys de Kournikova en disant " l'audience monte, l'audience est à son maximum ."

* Parce que, mis à part en Ecosse, ça choque de voir un homme en jupe.

* Parce que j'en ai marre d'entendre en France que ca ne se fait pas pour une faible femme de boire autant en soirée…

* Pour  qu'on arrête de penser que les femmes ne peuvent pas avoir de  relations sexuelles épanouies sans pénis (même  dans certains magazines gays et lesbiens).

* Pour pouvoir inventer  notre vie sans contrainte.

* Parce  que je n'ai pas envie d'habiter avec mon copain entre 20 et 25 ans,   de me marier à 25 et de faire des enfants entre 25 et 35  ans.

* Pour  qu'on puisse aller en boîte sans avoir l'impression d'être  dans un marché aux bestiaux.

* Parce que j'aime les enfants mais je veux faire autre chose.

* Parce que contrairement à ce que disent certains magasines masculins je n'ai pas de prix. C'est gratuit quand je veux et impossible quand je ne veux pas.

* Parce que je passe beaucoup de temps à m'excuser quand je parle en public

* Parce qu'il y a 2 millions de femmes victimes de violences conjugales en France (soit 1 sur 10) et que c'est beaucoup trop !

* Parce que le privé est politique, tout simplement.

* Parce que j'en ai marre d'être considérée comme un porte-monnaie sur pattes.

* Parce que les femmes catholiques ne peuvent qu'être « soeurs » et pas prêtres et encore moins s'élever dans la hiérarchie religieuse. Une femme a bien essayé d'être pape, mais, depuis, on tâte les attributs masculins pour vérifier qu'il n'y a pas tromperie sur la marchandise.

* Pour qu'il n'y ait plus d'excision.

* Pour qu'un jour, aux petits garçons qui, dans la cour de récré, leur disent : « Je sais comment on fait les bébés. », les petites filles répondent : « Moi, je sais comment on n'en a pas. »

* Parce que les chansons qu'elle a apprises à l'école racontent que Papa démarre la voiture pendant que Maman fait des confitures.

* Parce que dans les milieux professionnels masculins, la phrase la plus fréquente est "on est pas des tapettes".

* Parce que si je me balade en soirée j'aimerais qu'on évite de m'aborder d'un "Vous êtes perdue mademoiselle ?". Je ne regarde pas de tous les côtés effrayés, je ne me balade pas avec un plan de trois mètres, mais bizarrement le seul fait d'être une fille fait de moi quelqu'un de potentiellement "perdu".

* Parce que le père conduit la mariée traditionnellement à l'autel, pour la faire passer de l'autorité du père à celle du mari, et que c'est aberrant !

* Parce qu'un homme qui n'aime ni le foot, ni les voitures, ni parler de sa vie sexuelle se fait immédiatement traiter de pédé.

* Parce que le Maréchal Pétain a pu se permettre de dire : « Vous serez le réconfort de votre époux, vous serez fécondes ».

* Parce que vous le connaissez, vous, le masculin de nymphomane ??

* Pour ne plus entendre « Ah je vous jure les gonzesses » quand on n’arrive pas a enlever un ventilo de carte mère, parce que quand c'est deux gars qui luttent contre la même pièce pendant 20 minutes armés de tournevis, c'est juste « la pièce qui a un défaut de fabrication ».

* Pour qu'on arrête de demander aux lesbiennes « Qui fait l'homme ? ». Personne, ce sont des femmes toutes les deux.

* Pour que la féminité ne se mesure plus en longueur de cheveux, de jupe et hauteur de talon.

* Pour que les filles ne se retrouvent pas à genoux devant les toilettes et les doigts au fond de la gorge pour ressembler à un être idéal qui n'existe que dans l'esprit des publicitaires.

* Parce qu'on décourage les petites jeunes filles qui veulent faire des activités comme l'informatique, les sciences, les sports extrêmes, etc. en leur disant "de toute façon y-a peu de filles qui en font".  Evidemment, si on les décourage toutes !

* Parce que je vois des gamins aussi conservateurs et machistes que leurs grands-pères et ça me fait peur pour l'avenir.

Je rajoute quelques unes des miennes :

* Parce que l'une de mes copines pense que les filles qui portent des mini-jupes sont un peu des salopes

* Parce qu'une autre écoute du rap sexiste sans ciller

* Parce que ma grand mère trouve qu'il  n'est pas féminin de fumer ou de dire des grossièretés!

* Parce que j'en ai ras le cul d'entendre autour de moi que les hommes ont plus de besoins sexuels, ou que les femmes savent moins bien conduire

etc etc

Posté par Je_mexprime à 20:50 - Féminisme - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mai 2009

Immersion dans les soirées entre filles

On a toutes fait l'expérience de ces soirées, où on a envie de décompresser, de s'amuser, juste entre filles. On se rend dans un bar, pour boire quelques verres, discuter de tout et de rien, surtout de rien d'ailleurs.  On est là, insouciantes, un mojito à la main, toutes dents dehors, quand soudain on le voit, ses potes de beuverie autour :   les "traqueurs". On comprend tout de suite ce qui est en train de se passer, nous sommes des proies potentielles. A ce moment ils sont en train d'évaluer combien on est, dans quelle catégorie on se trouve : baisable ou pas , et surtout si on a l'air "disponibles".

A cet instant crucial il ne faut surtout pas les encourager d'un regard, même un lèvement de cil accidentel dans leur direction peut être perçu comme une invitation. Une erreur est si vite arrivée, malheureuses.

Mais parfois nos efforts désespérés pour passer inaperçue(s) restent vains... L'alcool aidant, le Mâle dans sa grande virilité se sent obligé d'attaquer sa proie. Il ne peut décemment pas rentrer tout seul.  Alors il entre dans une tentative de séduction fatale..

N'essayez pas de riposter, il se fiche de savoir que vous n'êtes pas intéressée (vous pouvez changer d'avis, c'est bien connu la femme est une créature inconstante), que vous avez déjà un mec (il n'est pas jaloux), que vous êtes lesbienne (il ne peut pas croire qu'on puisse se passer d'une bite),  ou que vous avez simplement envie de passer une soirée entre filles (ce n'est pas envisageable pour eux, les femmes sont inintéressantes).

Non. Croyez moi, passer une soirée entre filles sans être alpaguée relève de l'utopie tellement démente que même feu John Lennon (love him) vous aurait ri au nez.

Les filles, non accompagnées,  ne sont pas faites pour rester seules. L'espace social ne nous est pas destiné, rappelez-vous... Non comptant de se faire emmerder par des boulets en rut, il faut prendre l'air aimable, sourire, surtout ne pas être trop désagréable. Sinon on se fait rappeler à l'ordre. Si on est là c'est bien qu'on a envie de se faire baiser, tout  du moins draguer, sinon on serait  tranquillement chez nous, à regarder une redif de "Plus Belle La Vie" en faisant du tricot.
Donc on se doit d'être dociles. De supporter les frôlements intempestifs, les mains qui glissent comme par hasard dans votre dos, les sourires libidineux. 

Si vous vous montrez trop réticentes ou pas assez dévergondées (comprenez : pas assez chaudasses), certains peuvent se montrer agressifs ; en vous demandant par exemple ce que vous fichez là, (si, si, on a à se justifier de pas être assez démonstratives ), à essayer de vous forcer à aller danser, ou juste à vous assomer d'une diarrhée verbale en vous expliquant comme ce serait bon pour vous de vous amuser davantage (avec lui, ça va de soit).

Bref, parfois c'est tellement lourd qu'on préfèrerait vraiment regarder "Plus Belle La Vie" en faisant du tricot - Dieu sait à quel point c'est excitant - plutôt que de subir ça...

Posté par Je_mexprime à 23:29 - On rigole - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'affaire Orelsan

Chers vous,
je n'écris pas beaucoup ces derniers temps, all apologies, mais je tiens néanmoins à vous faire partager mes lectures et mes découvertes heureuses (ou pas).
Aujourd'hui donc je décide de relater cet article (assez long) d'Isabelle Alonso ayant trait à l'affaire du rappeur Orelsan. Vous en avez peut-être déjà entendu parler si vous avez une sensibilité féministe !

"Le 31 mars, dans « envie de gerber » je rendais compte d’un débat sur LCI au sujet du rap d’Orelsan intitulé « sale pute » [1], dont le clip était sur Internet depuis, paraît-il, deux ans, quand il a été repéré par la blogosphère féminine. Et dénoncé comme machiste. Je faisais le point sur la tolérance ambiante quand on en vient à la violence contre les femmes. Alors que les insultes racistes, antisémites ou homophobes sont majoritairement perçues comme insupportables et justement réprimées par la loi, les insultes machistes ont largement droit de cité. Ce qui est scandaleux dans un cas devient légitime dans l’autre. Nous en sommes là.

Les paroles hyper violentes proférées par un rappeur de vingt trois ans décrivent avec complaisance et une certaine imagination dans l’horreur les différentes tortures qu’un homme trompé rêve d’infliger à la traîtresse qui l’a cocufié. A partir de là, deux camps se dessinent. Dans le premier, on estime que de telles paroles constituent une incitation à la haine. Dans le deuxième, on en appelle à la liberté d’expression, à la liberté de création, on nie tout rapport entre une chanson et la réalité. Et, au nom de ces libertés, on dénonce le recours à la « censure ». Les deux camps ne sont pas à égalité dans l’accès aux médias et au débat.

Le rap n’a pas inventé la violence. Le rap n’invente pas. Il banalise. Il glorifie. Il donne à voir, il donne à imaginer. Il légitime, il normalise. Orelsan est un simple maillon d’une très longue chaîne qui exprime et exploite une misogynie intense, systématique, répétitive aussi bien dans son imagerie que dans ses paroles. Le gangstarap et le pimp rap (pour qui l’ignorerait, « pimp » veut dire maquereau) exhibent les signes extérieurs du luxe version bad boy, clinquante et virtuelle : grosses bagnoles, chaînes en or, bijoux et, évidemment, faisant partie intégrante de la panoplie, filles en string, disponibles, offertes et supposémment ravies de l’être. Images familières, déclinées en masse, folklore juteux basé sur les frustrations des jeunes mâles pauvres, que la presse appelle « jeunes des quartiers ». Le principe, c’est que tout homme dominé socialement peut toujours se défausser en dominant à son tour les dominées absolues que sont les femmes dans le vieux deal perdante-perdante que la société nous réserve depuis toujours et qui convient parfaitement aux souteneurs d’Orelsan.

Quand un clip insulte les femmes, pas de réaction. Qu’il insulte les flics et Madame Alliot-Marie monte au créneau. Le féminin d’oncle tom, c’est tante tomate.

Sans interférer sur la « liberté de création » d’Orelsan, on doit pouvoir exercer la liberté d’expression pour analyser ses écrits et, le cas échéant, en dénoncer le message. La liberté d’expression, c’est pour tout le monde y compris pour nous. Mais ça ne se passe pas comme ça.

Suite à la tempête provoquée par la blogosphère des filles, la maison de disques du chanteur se fend d’un communiqué où il est affirmé qu’ « en aucun cas Orelsan ne se pose en agresseur de la gent féminine » Ah bon ! Celles qui se sont senties agressées par le texte (personnellement, j’ai eu envie de vomir, l’estomac en vrille, et ce n’est pas une image) commettent une regrettable erreur ! Il veut pas dire du mal, il veut juste exprimer une douleur d’homme trompé ! Faudrait voir à pas confondre avec de l’incitation à la haine ! Ça n’a rien à voir ! C’est dingue ce que certaines nanas ne comprennent rien à rien !

Le coup de l’agresseur qui, oups, l’a pas fait exprès, on nous le ressort à chaque fois. Elle est morte ? Meeerde ! Pas de ma faute, je voulais juste exprimer mon désespoir ! Ça coûte cher en vies humaines. En vies féminines, faut dire. C’est moins grave que si c’était en vraies vies, pas vrai ? La maison de disques précise dans son communiqué qu’il ne faut pas sortir une œuvre de fiction de son contexte. D’accord avec ça. Parlons-en, du contexte. Allons le voir de plus près.

Dans cet environnement il est des choses qu’on ne dit pas, qu’on ne dit plus, parce qu’elles sont non seulement devenues illégales, mais inaudibles. Rappelons aux mémoires courtes que dans les années trente, les chansons racistes, sur fond de colonialisme, et les chansons antisémites, sur fond de montée de l’extrême droite, faisaient bien rigoler tout le monde. « Ma négresse aux lèvres lippues » ou « la noce à Rebecca », c’était super marrant. Sauf, peut être, pour les Noirs et les Juifs, mais la société de l’époque s’en souciait comme d’une guigne. Dans l’Amérique de la première moitié du vingtième siècle, le consensus raciste était tel que les lynchages de Noirs étaient pris en photo et diffusé en cartes postales (« chers parents, je suis le troisième à droite du dernier rang, sous la flèche… »), lyncheurs à visage découvert jamais inquiétés. Le rapport ? Très simple : une violence sociale institutionnalisée ne peut être combattue qu’à partir du moment où on accepte d’en prendre conscience. Autrement, le massacre continue dans le déni et l’aveuglement.

Massacre ? Pour prendre la mesure du phénomène, dont on commence seulement à parler, il faut l’appréhender dans la durée. Depuis des décennies, des siècles, depuis toujours, des millions de femmes battues à mort, blessées, mutilées par leur compagnon. Des millions de femmes violées, tout le temps, chez elles, dehors, par des inconnus, par le compagnon, par un membre de la famille. En temps de guerre comme en temps de paix. Ça continue. J’exagère ? Non. Il y a sur le sujet des enquêtes, des livres, des chiffres, des témoignages. Irréfutables. Les media découvrirent, à l’occasion du conflit yougoslave, il y a quinze ans, le viol comme arme idéologique. Et s’en scandalisèrent. Sauf que le viol comme arme de guerre, c’est aussi vieux que la guerre elle-même. Et en temps de paix, aujourd’hui, ici, la violence contre les femmes ne connaît ni pause ni répit. Ceux qui en doutent peuvent aller faire un tour aux services d’urgence des hôpitaux. Et à la morgue. Cent mortes par an. Mais faut pas le dire ! Ça fait victimiste, ça fait pénible, jérémiades et compagnie. On sent qu’on lasse l’auditoire, pfff, t’as rien de nouveau à raconter, parce que bon, là, on sature… Pourtant, cette même violence sert de fond et de prétexte à d’innombrables films, épisodes de séries, articles, reportages, non pas en tant que phénomène à combattre, mais en tant que matière première. Comme si les femmes, parmi tant d’autres fonctions réifiantes, avaient aussi celle de réservoir, de batterie pour fournir en énergie la créativité, l’imaginaire et les fantasmes ambiants. Le serial killer est devenu le héros récurrent de tant de fictions que les vrais en deviennent culte. Est-il besoin de rappeler que le serial killer le plus fréquent est un homme tuant des femmes. Mais toute cette fiction, inspirée par le réel, n’aurait en retour aucune influence sur lui. Bizarre autant qu’étrange, non ? C’est pourtant l’antienne qu’on répète chaque fois que des femmes se révoltent contre la haine.

Le déni se perpétue, en prenant des formes nouvelles. On est sorti du silence total pour entrer dans le révisionnisme permanent. La façon dont on en parle permet à la violence de croître et embellir sur fond d’avancée des droits des femmes, comme si elles devaient payer cash pour leur autonomie. Un consensus social incontesté planque, comme de la poussière sous un tapis, la complaisance pour les agresseurs derrière la vie privée (va savoir ce qui s’est vraiment passé, c’est une parole contre une autre), la liberté d’expression ( attention à la censure ! gare à l’ordre moral ! au puritanisme !), le fatalisme (on n’y peut rien, ça a toujours existé, c’est la nature humaine), la pathologie ( faut être malade pour faire ça !), et, bien sûr, la culpabilisation des victimes (le serial killer dépeceur de gamines avait une mère abusive…). Plus les femmes deviennent autonomes et maîtresses de leur destin, plus elles disposent de la liberté de choisir leur vie, et plus l’agressivité à leur encontre s’exacerbe. La violence s’en trouve t-elle augmentée ? Probablement pas la violence physique (je n’ose même pas imaginer la vie des femmes dans les pays où elles n’ont aucun autre droit que celui de prendre des mandales et faire des gosses), mais à coup sûr la violence symbolique et les processus d’intimidation.

La violence contre les femmes, en tant que phénomène collectif prenant des formes très variées est un non-sujet pour l’idéologie dominante. Ça n’existe pas. Le 17 avril 2009, sur LCI, le débat Ferry-Julliard, animé par Jean François Rabilloud, aborde la question du rap d’Orelsan et du projet législatif éventuel de Valérie Létard. Les débatteurs commencent par constater la gravité des paroles de la chanson, leur violence, puis par affirmer que pour autant, ajouter un texte de plus à la loi, pitié, ne servirait à rien. Ensuite, ils déplorent la montée des communautarismes. Ok sur ce point. Puis ils affirment que les femmes ne forment ni une minorité, ni une communauté. Ok aussi. À partir le là, si j’étais sur le plateau, j’embrayerais direct sur le fait que la moitié féminine de la population subit une violence spécifique qu’il s’agit de combattre d’abord en en reconnaissant l’existence. Orelsan et son rap haineux ne constituent qu’un infime composant d’un monstrueux patchwork dont, entre autres, l’esprit même de l’arsenal législatif constitue la trame. Mais sur le plateau, comme souvent, des hommes d’âge mûr représentent, en toute neutralité bien entendu, le monde qui pense… Et donc, le débat, alors même qu’il vient d’être affirmé que les femmes ne constituent pas une communauté, prend la rocade « communautarisme », et les femmes disparaissent du sujet même qui leur était consacré au profit des chrétiens, des musulmans, etc…. Rabilloud revient brièvement sur la chanson, et demande quand même à Ferry, père de deux fillettes, quel en serait l’effet sur elles ? Le père répond : « Elles savent que ce n’est pas bien ». Emballez, c’est pesé. « Pas bien » ! « Je vais te foutre en cloque et t’avorter à l’Opinel, sale pute » c’est « pas bien ». Suffit de le savoir, c’est papa qui le dit. C’est tout ce qu’il a à dire, papa, sur le sujet. C’est pas bien d’avorter une femme à l’Opinel. Merci papa, pour le renseignement. Il faudra que les petites aillent chercher ailleurs qu’auprès de leur père la compréhension du monde dans lequel elles vivent et les codes de survie qui sont les nôtres. Parce que nous, la violence, on vit dedans.

Les défenseurs d’Orelsan n’ont pas tardé à se faire entendre. En reprenant tous les bons vieux mécanismes. Manque pas un bouton de guêtre à la réthorique machiste.

- c’est une fiction, aucun rapport avec la réalité.
- c’est du second degré
- ça parle d’un mec furieux parce que sa femme le trompe, ça peut se comprendre.
- on ne saurait réduire un chanteur à une seule chanson.
- il a écrit sous l’empire de la boisson, de la passion, de la fureur…
- il a droit à sa liberté d’expression
- à sa liberté de création
- il n’a jamais voulu agresser les femmes
- ce texte est vieux de deux ans
- d’autres textes ne valent pas mieux.

Si ça c’est pas des excuses, si c’est pas des explications alors merde, où on va ? Si un mec peut plus exprimer ses états d’âme… Aucun de ces arguments ne s’appliquerait à quiconque aurait écrit l’équivalent au sujet des Noirs des Arabes, des Juifs ou des homos. La proximité avec la cible des menaces (le texte s’adresse à la femme dont l’auteur a été amoureux !) est considérée comme une circonstance atténuante, alors qu’elle devrait de toute évidence elle être considérée comme aggravante. Notre culture, si raffinée, si évoluée et si égalitaire repose encore sur de très archaïques rapports de force directement physiques. Seule la peur des représailles fait évoluer non pas les mentalités, la barbarie est toujours là, mais le passage à l’acte. A ce jeu là, nous ne sommes pas adaptées.

Quant à celles qui ont eu l’outrecuidance de se déclarer heurtées, de s’être senties agressées et de protester, voilà pour elles un petit stock d’accusations, en vrac : mères la pudeur, flicardes, censeuses profitant de l’occasion pour se faire de la pub perso, partisanes de l’ordre moral qui ne comprennent rien au rap, ne comprennent rien aux jeunes, méprisent les banlieues... Bla, bla, bla, la rengaine ne change pas, n’évolue pas. On l’entend depuis des années.

J’ai la chance de disposer d’une tribune dans Siné hebdo. J’en profite et leur envoie un papier intitulé : « SALE NÈGRE ? RACISTE ! SALE PUTE ? ARTISTE ! »

Moi, tout ce que je veux, c’est comprendre.

Quand un jeune rappeur compensant son manque de talent par la provoque, chante « sale pute, je veux qu’tu tombes enceinte et que tu perdes l’enfant, j’veux te mettre en cloque et t’avorter à l’opinel », il est invité au Printemps de Bourges. Il s’appelle Orelsan, on le présente dans les média comme une « bombe dans le rap français » et c’est un compliment.

Si on écrit « sale juif, j’veux que tu crèves lentement, tu mérites ta place à l’abattoir » c’est la levée de boucliers assurée. Orelsan chante : « sale pute… j’veux que tu crèves lentement, tu mérites ta place à l’abattoir » c’est de la licence poétique.

Si on chante « sale pédé, t’es juste bon a t’faire péter le rectum » c’est un scandale. Orelsan chante : « sale pute… t’es juste bonne a t’faire péter le rectum », c’est du second degré.

Si on chante : « sale nègre, tu mériterais d’attraper le dass…on verra comment tu suces quand je te déboîterai la mâchoire » c’est de l’incitation à la haine. Orelsan chante : « sale pute… tu mériterais d’attraper le dass…on verra comment tu suces quand je te déboîterai la mâchoire » c’est de la liberté d’expression.

Deux poids deux mesures ? Réactions à géométrie variable en fonction de la cible ? D’un côté une sensibilité à fleur de peau qui frise dans certains cas le ridicule, comme pour Elie Domota, le leader guadeloupéen dont je parlais dans ma chronique de la semaine dernière. De l’autre, un déni sur des appels caractérisés à la violence, au meurtre. La haine des femmes serait moins grave que les autres ? Je ne comprends pas. »

Je reçois un coup de fil de la rédaction. Puis un deuxième. Puis un troisième. Mon interlocuteur est un homme tout à fait charmant, sincère, il n’a rien d’un sale type, au contraire. Il a une sensibilité très représentative de l’opinion générale. Mon papier le gêne. Il trouve que je me fourvoie, que je généralise hâtivement, que les paroles ne sont représentatives de rien. Je ne dois pas y voir un texte misogyne, mais juste la colère d’un homme trompé. Je démonte, argument par argument, je suis rompue à l’exercice. A un moment, il me dit qu’il craint que je n’apparaisse comme anti-mecs. J’hallucine d’autant plus qu’il est de bonne foi, porté par un courant idéologique tellement dominant qu’il n’en a pas conscience. A aucun moment le mot censure n’est prononcé. A aucun moment on ne me demande explicitement de changer mon texte. Au terme des trois conversations, je propose moi-même d’atténuer mon papier. J’envoie une version un peu différente, retravaillée, intitulée plus softement « PRINTEMPS POURRI ». Il sera publié dans le n° 30 :

« Un jeune rappeur compensant son manque de talent par la provoque, chante « sale pute, je veux qu’tu tombes enceinte et que tu perdes l’enfant, j’veux te mettre en cloque et t’avorter à l’opinel ». Il s’appelle Orelsan, on le présente dans les média comme une « bombe dans le rap français » et c’est un compliment. Il est invité au Printemps de Bourges.

Si on écrivait « sale juif, j’veux que tu crèves lentement, tu mérites ta place à l’abattoir » la levée de boucliers serait immédiate. Orelsan chante : « sale pute… j’veux que tu crèves lentement, tu mérites ta place à l’abattoir ». Au printemps, ça passe pour des paroles en l’air.

Si on chantait « sale pédé, t’es juste bon a t’faire péter le rectum » ça ferait scandale. Orelsan chante : « sale pute… t’es juste bonne a t’faire péter le rectum ». Pour le printemps, c’est du second degré.

Si on chantait : « sale nègre, tu mériterais d’attraper le dass…on verra comment tu suces quand je te déboîterai la mâchoire » ça serait de l’incitation à la haine. Orelsan chante : « sale pute… tu mériterais d’attraper le dass…on verra comment tu suces quand je te déboîterai la mâchoire ». C’est la liberté d’expression du printemps.

Les organisateurs du Printemps de Bourges assurent qu’il ne chantera pas cette chanson-là. Mais il reste invité. Il s’est fait de la pub à moindres frais. Tout bénéf pour lui, tout bénéf pour les organisateurs. Pendant ce temps là, la violence continue. Aucun rapport ? Soit il n’y a aucun rapport entre la violence verbale et la violence tout court, et dans ce cas il faut faire disparaître de la loi la notion même d’incitation à la haine. Soit il y en a un, et la loi doit s’appliquer quelle que soit la cible de cette haine. Autrement c’est deux poids deux mesures. Et un sens de la justice à géométrie variable ».

La deuxième version est meilleure dans sa conclusion, donc je ne regrette pas. Mais l’essentiel est ailleurs. Il est dans une simple nuance, qu’en experte de la navigation contre le vent, j’ai appris à appliquer en cas de problème : prendre bien soin d’éviter une possible interprétation « anti-mecs ». Péché ultime, par les temps qui courent ! En mettant en cause le « Printemps de Bourges », je ne cible pas la société toute entière dans son machisme indécrottable, je remet en cause UNE initiative d’UNE instance organisatrice. Je tente de transmettre le message en passant entre les gouttes. Comme ça on pourra dire « Alonso a pas l’air de kiffer le printemps de Bourges », ce qui passera toujours mieux que « y’a une hystérique censeuse anti-mecs planquée chez les chroniqueurs de Siné-hebdo » parce que ça, ça serait juste pas assumable…

Le lendemain du débat intra-siné, je reçois en copie le mail suivant, signé Delfeil de Ton et qui me semble bien résumer la confusion, dès qu’il s’agit des femmes. Comme si les capacités analytiques et critiques se dissolvaient dans le chromosome Y : « Bonjour à tous. C’est au sujet de la chanson du rappeur contre la fille qui l’a trahie. Ne pas tomber dans le piège de s’en prendre à lui, surtout. Cette affaire ressemble à l’affaire Siné. Ce type fait une chanson où il voue aux gémonies et même à l’enfer proprement dit (voir brûler ton âme dans les flammes) la fille qu’il a idéalisée et qu’il n’imagine plus qu’en train de pomper la terre entière. Sous prétexte que des imbéciles peuvent prendre ses imprécations au premier degré, voilà toute la troupe des censeurs de France qui veut jusqu’à lui interdire de chanter même d’autres chansons. C’est pareil qu’avec Siné : ses propos peuvent être mal compris, donc Siné est un salaud et il faut l’exclure » Delfeil trouve que « Cette affaire ressemble à l’affaire Siné » et qu’elle met sur le même plan la phrase de Siné au sujet du fiston Sarkozy : « conversion au judaïsme pour épouser sa fiancée, juive et héritière des fondateurs de Darty…/…Il fera du chemin dans la vie ce petit » et le texte du rappeur qui promet des tortures à celle qui a eu l’outrecuidance de rouler une pelle à un autre mec. On croit rêver.

Anaïs, chanteuse, auteure-compositrice-interprète bourrée de talent, se solidarise avec Orelsan : « Personne ne m’a jamais reproché tout ce que l’on reproche à Orelsan lorsque j’ai fait ma chanson "Christina"... Si Orelsan déclenche autant de polémique, je pense que c’est parce que justement, ça a l’air trop vrai. Et si son talent était là ? » Dans « Christina », elle chante : « Oh l’enfoiré m’annoncer ça comme ça de but en blanc J’ sais même pas qui c’est cette foutue Christina cette pute en blanc... Une infirmière nan mais j’ te jure Bah faut qu’on t’opère ça c’est sûr Je verrais bien une ablation Sans tes couilles tu sera p’tête moins con... Oh j’ai du rimmel plein les yeux Et en plus y pleut... »

Sans être un caïd de la littérature comparée, on peut constater que ça n’a juste rien à voir. Que je sache, les statistiques de mecs amputés de la couille par leur gonzesse sont aussi vides qu’une tête de rappeur. Mais bon. Il est des circonstances où il faut se ranger du côté du plus fort. Je comprends, mais ça déçoit la fan de la première heure qui écrit ces lignes.

François Bayrou lui même estime que ce texte est dans la passion plus que dans la violence. Pensez-y le jour où vous votez.

Dans le numéro de 35 de Siné Hebdo, un dénommé Bernard Joubert signe un papier, dont se désolidarise la rédaction (merci !) intitulé « Le féminisme flicard ». Il ironise (quel talent !) sur ces affreuses femmes qui tentent depuis longtemps (sans y parvenir, dans une Assemblée à 80% masculine encore aujourd’hui, précisons-le) d’inclure dans les textes de loi contre l’incitation à la haine, au même titre que le racisme et l’antisémitisme, le machisme. Ça lui paraît aberrant. Il a l’humanisme sélectif et le sens du maintien des privilèges…

Dans les procès pour viol collectif, aujourd’hui, il arrive très souvent que des ados violeurs ne comprennent pas au juste ce qu’on leur reproche. Abreuvés de pornographie et de rap violent, ils n’ont aucune idée de ce qu’ils infligent à leurs victimes. Et ils s’en foutent. En fait, la société toute entière s’en fout. Et refuse de voir la moindre courroie de transmission entre la production "culturelle" et la vie des gens.

L’accès au corps des femmes est un très vieux droit de l’homme. Les saccages et dommages collatéraux, même les intellos les plus irréprochables les assument sans états d’âme. Ça leur fait pas mal, à eux. Et les empêcheuses d’abuser en rond se retrouvent en position d’accusées. Vilaines adeptes de la censure.

En attendant, Orelsan, champion de la liberté d’expression quand c’est la sienne, ne perd pas le nord et s’occupe de celle des autres. Ses avocats mettent en demeure « d’interrompre immédiatement toutes [leurs] actions de nature à porter atteinte au bon déroulement de la carrière d’OrelSan » les associations qui en toute non-violence, ont osé faire des sit-in devant les concerts pour dialoguer avec le public. Qui le sait ? Qui l’accuse d’exercer la censure ? C’est pourtant ce qu’il fait, sans hésiter.

C’est dans ce genre d’affaire qu’apparaît de manière la plus crue et la plus cynique le déséquilibre des forces entre hommes et femmes. Les média sont sous contrôle exclusif masculin. Les femmes mises en accusation, moquées, caricaturées, sommées de se justifier, (Létard et Albanel poussées dans leur retranchement, assurant que non, trois fois non, elles ne sont pas pour la censure, quelle pitié…). C’est bien la parole des femmes qui est censurée en permanence par la bien-pensance dominante, n’en déplaise aux gémissants défenseurs de la liberté d’insulter et d’humilier publiquement.

iA !"

               

[1] Sale pute j’deteste les p’tites putes genre Paris Hilton les meufs qui sucent des queues d’la taille de celle de Lexington t’es juste bonne a t’faire peter le rectum meme si tu disais des trucs intelligents, t’aurais l’air conne j’te deteste, j’veux que tu creves lentement j’veux qu’tu tombes enceinte et qu’tu perdes l’enfant les histoires d’amour, ca commence bien, ca finit mal avant je t’aimais, maintenant j’reve de t’voir imprimé de mes empreintes digitales t’es juste une putain d’avaleuse de sabre, une sale catin un sale tapin, tous ces mots doux c’etait qu’du barratin on s’tenait par la main, on s’enlacait, on s’embrassait on verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée on verra comment tu suces quand j’te déboiterais la machoire t’es juste une truie, tu merites ta place a l’abbatoir t’es juste un démon déguisé en femme, je dois briser en larmes je dois rendre l’ame, je dois retourner bruler dans les flammes

Poupée je t’aimais, mais tu m’as trompé t’as rencontré un keum tout pété de tunes, tu l’as pompé t’es juste une sale pute, une sale pute une sale pute, une sale pute, une saaaale pute Poupée je t’aimais, mais tu m’as trompé t’as rencontré un keum tout pété de tunes, tu l’as pompé t’es juste une sale pute, une sale pute une sale pute, une sale pute, une saaaale pute

j’deteste les sales trainées comme Marjolaine les p’tites chiennes, les chichiteuses, les filles a problèmes j’rêve de la penetrer pour lui dechirer l’abdomen j’t’emmenerais a l’hotel, j’te ferais tourner dans ma villa romaine tu suces pour du liquide, tu t’casses a marée basse pétasse.. tu meriterais seulement d’attraper le dass le seul liquide que j’t’ai donné, c’est mon sperme si j’te casse un bras, consideres qu’on s’est quitté en bon terme je t’aime.. j’ai la haine, j’te souhaite tous les malheurs du monde j’veux qu’tu sentes la chaleur d’une bombe, j’veux plus jamais qu’tu me trompes j’etais trop fidele (sale pute) j’ai les nerfs en pelote (sale pute) j’vais lui mettre en cloque (sale pute) et t’avorter a l’opinel (ouais mais c’est de ta faute, t’etais jamais la pour moi) je m’en bats les couilles c’etait la faute a qui je te cognerais contre un radiateur en chantant Tostaky j’veux qu’tu pleures tous les soirs quand tu t’endors parce que t’es du meme accabit qu’la pute qu’a ouvert la boite de Pandore

Poupée je t’aimais, mais tu m’as trompé t’as rencontré un keum tout pété de tunes, tu l’as pompé t’es juste une sale pute, une sale pute une sale pute, une sale pute, une saaaale pute Poupée je t’aimais, mais tu m’as trompé t’as rencontré un keum tout pété de tunes, tu l’as pompé t’es juste une sale pute, une sale pute une sale pute, une sale pute, une saaaale pute

j’ai la haine.... j’rêve de t’voir souffrir j’ai la haine.... j’rêve de t’voir souffrir bébé j’ai la haine.... j’rêve de t’voir souffrir j’ai la haine.... j’rêve de t’voir souffrir bébé

            

Posté par Je_mexprime à 20:14 - Féminisme - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mai 2009

Grippe porcine

"Grippe porcine  : et si on parlait du fond  ?

                     

    Loin de moi l’idée dans cet article de parler uniquement de pandémie, de risque pour l’humanité ou autre. Pas que je ne pense pas que cela ne puisse se produire, mais plus parce que je préfère attendre de voir évoluer les choses avant de hurler avec les laboratoires pharmaceutiques.

 

Je préfère m’interroger sur les décès et la propagation.

 

Drame humain que la perte de personnes liée à une grippe. On parle de pas loin de 200 personnes à priori. Le problème se situe dans le fait que l’on meurt au Mexique et pas ailleurs. L’explication est assez simple : l’accès à la nourriture, aux soins et à la santé.

 

Car, et cela est démontré par le fait que le même virus impact d’un côté et de l’autre de la frontière, soit aux USA* et au Mexique, il n’est mortel que dans la « partie pauvre » du Mexique. Et pas n’importe laquelle : celle où l’industrie industrielle du porc a été mise en surexploitation pour couvrir le marché américain (du nord) et européen à moindre coût.

 

C’est bien une fois de plus un drame de la concentration animale en vue du profit maximal et de la pauvreté. Tout comme la grippe aviaire.

 

Cette logique d’industrialisation du monde et de la course aux prix toujours plus bas (surtout par pression sociale et maintien des salaires au plus bas) entraîne une course au moins disant environnemental et sanitaire. Tirer sur les coûts à finalement un prix …

 

En concentrant les animaux dans des exploitations indignes de l’humanité dont nous nous réclamons, nous ne faisons qu’aggraver le risque de pandémie animale, et donc de pandémie humaine. C’est cela qui entraîne des phénomènes comme celui que nous vivons aujourd’hui.

 

Ajoutons à cela la désorganisation voulue des systèmes de santé et d’éducation des pays pauvres (merci le FMI à qui l’on vient de donner 1000 milliards pour jouer encore un peu), cela commence à donner les bases solides d’une véritable poudrière virale. Les manques d’accès aux soins et à l’hygiène facilitent la propagation, voir la rendent encore plus rapide.

 

Au lieu de faire le procès des inégalités de traitement de l’humanité, nos chers penseurs de l’économie mondiale font aujourd’hui une sorte de « haro sur le cochon » et donc une mise en accusation du Mexique. Mais n’est ce pas un peu risible de se dire que d’un côté la situation mexicaine est voulue, pensée et que de l’autre, quand elle devient dérangeante, elle serait le fait des éleveurs mexicains uniquement !

 

Sans réel système de santé pour tous, sans une réflexion plus poussée sur nos modes d’élevages animaliers, sans une réelle remise en question des régimes alimentaires des pays riches, nous allons vers la mise en danger de tous, non pas seulement par un risque de pandémie, mais aussi par la déshumanisation constante et l’abomination sociale.

 

Il est temps de poser le problème pour le résoudre à la source plutôt que de chercher une solution palliative mais inadéquate.

*le 28/04 - 20 cas détectés sans décès (AFP)"

Article trouvé ici

Posté par Je_mexprime à 17:59 - Société - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mars 2009

Témoignage d'une prostituée

Il y a quelques temps, j'avais regardé cette émission sur la prostitution sur France 2 (du 19 mars) où les putes disaient leur bonheur d'être putes, leur fierté, leur impression de rendre un grand service au hommes, pauvres créatures qui n'ont pas le loisir de baiser comme ils le souhaitent.

Je comptais en faire un article, ça fait d'ailleurs un moment que je voulais écrire sur ce sujet, et puis là, je tombe sur un témoignage d'une prostituée, sans ambages, ni hypocrisie. Je me suis dit qu'il avait plus de poids que mon argumentation non éclairée...

Je retranscris ce témoignage, pour ceux ou celles qui pensent que la prostitution est un métier comme un autre (quelle connerie) ...

"Je suis une prostituée officiant en appartement par le biais d’Internet et d’annonces dans la presse. J’exerce mon activité depuis bientôt 14 ans. Je me prostitue en parfaite connaissance de cause, d’une manière lucide, glaciale, implacable, pragmatique et au bout du compte sans trop d’état d’âme et sans être si malheureuse que ça.

Pour ma part, je n’arriverai jamais à trouver aucune crédibilité à un témoignage de prostituée qui accepte de paraître à visage reconnaissable par sa clientèle alors que celle-ci se trouve obligée de gagner son pain par le biais de ceux-ci. Nous ne sommes pas bêtes au point d’exprimer sincèrement nos états d’âme, nos rancœur vis à vis de tous ces hommes qui nous payent alors que ceux-ci vont nous reconnaître et, de dépit en entendant la vérité sur eux, ne nous ferrons plus bénéficier de leur manne financière.

Aucune d’entre nous allons prendre le risque de saborder notre outil de travail pour un reportage télé. Par contre, la complaisance, l’éloge du client et l’apologie de la prostitution nous permettra de pouvoir faire notre publicité ainsi que notre auto promotion. Il sera bien plus dans l’intérêt de la prostituée filmée, de caresser sa future clientèle dans le sens du poil, que de lui balancer ses 4 vérités.

C’est sûr que si on commence à dire aux clients <<écoute mon petit coco, je fais la p*** parce que je préfère m’***** avec toi pendant une heure que de me taper une semaine de femme de ménage, je fais la p*** parce que physiquement je n’ai pas été bénie des dieux, intellectuellement je n’ai pas inventé l’eau chaude, que je suis un peu la caricature de la pauvre fille qui sort tout droit de son caniveau. Quand on a un physique moyen, une intelligence moyenne, aucun talent, aucun savoir-faire, aucun diplôme, aucune relation et que l’on veut sortir de sa misère sans sombrer dans la délinquance la plus vile, la prostitution c’est quand même la chose la plus abordable, si on a un physique au minimum solvable>>.

Si tout à coup je m’amuse à balancer cette vérité aux clients, c’est tout de suite beaucoup moins vendeur, moins glamour et racoleur. Notre travail consiste avant tout à faire rêver le client. Ayant rencontré de nombreuses prostituées, j’ai pu constater à maintes et maintes reprises que beaucoup d’entre elles étaient atteintes par le syndrome de Stockholm. Elles ont une certaine forme de reconnaissance, elles estiment avoir un devoir de gratitude envers leur clientèle qui leur permet d’échapper à un travail harassant et mal payé. Il y a également le lavage de cerveau qui est quelque chose de primordial si l’on désire durer dans le métier.

À mes débuts, je me suis souvent menti à moi-même, je ne suis raconté des histoires, je me suis fait croire que faire la pute ça n’était pas si terrible, ni si horrible que ça. Avoir recours à ce processus psychologique était pour moi une chose vitale, voire même une question de survie. La prostitution de façon professionnelle comme unique source de revenu est une chose très pénible aussi bien nerveusement, psychologiquement que physiquement. Instinctivement, j’ai tout de suite compris qu’il fallait à tout prix que je me préserve. Et pour me préserver, la lucidité face à ma prostitution serait quelque chose de tout à fait inenvisageable.

Si je commence à me dire que mon unique fonction, que mon unique objectif professionnel consistaient à être un dévidoir à foutre. Que mon outil de travail serait des sexes d’hommes mal nettoyés. Que j’allais passer mes après-midi à me frotter et à me nettoyer le cul comme une malade mentale avec un savon gynécologique antiseptique. Eh bien non cette vérité ne pouvait en aucun cas me permettre de la regarder en face. Si un jour j’ai l’inconscience de regarder cette réalité et cette tristesse de ma vie, je sombre dans l’alcoolisme ou la dépression. Alors pour me mettre du baume au cœur et du cœur à l’ouvrage, je me dis que faire la p*** ce n’est pas si mal que ça, que je gagne bien ma vie, que je rencontre des clients intéressants (MMMMOOOOUUUIIIII,BOF,BOF,) que je fais les horaires que je veux, je pars en vacances quand je veux. Enfin bref, je me balance tous les lieux communs et les imbécilités qu’on entend habituellement quand on parle de prostitution. C’est un peu la méthode Coué :

tout va bien.... tout va bien.... tout va bien..... Le problème avec ce même tout va bien, c’est que quand on commence à gratter la fine couche de vernis, eh bien, ce tout va bien et plutôt bancale, vacillant et claudicant. Il est une chose que j’ai également remarqué, c’est que c’est généralement les prostituées les plus bêtes, celles qui sont les plus superficielle avec un quotient intellectuel d’une huître et qui ne pensent qu’à s’acheter des sacs à main ainsi que la dernière robe à la mode qui vivent le mieux leur prostitution. Leur manque de recul sur elle-même, leur non regard sur leur activité, leur non lucidité sur le genre d’adultes qu’elles sont devenus, va faire qu’elles seront les mieux à même de traverser ce passage de leur vie sans éprouver trop d’états d’âme ni de fêlure. Leur légèreté atténuera leurs blessures. Et c’est d’ailleurs dans l’intérêt du client d’avoir face lui une p*** stupide ; car comme ça elle ne risque pas de lever son regard sur ce client qui crève de solitude, qui a peur de la solitude, qui estime que la solitude est une forme de maladie honteuse, ce client qui n’arrive pas à se suffire à lui-même et qui a besoin de se sentir exister à travers le, regard de la p*** qui a son regard rivé sur les aiguilles de sa montre.

Le plus grand danger pour une p*** c’est la lucidité. Réfléchir pour une p*** peut-être une calamité. C’est donc pour cela que je me pose plus de questions, je ne remets plus en question. J’ai bien trop peur du reflet du miroir. Maintenant j’ai trouvé une méthode imparable : je prends ma tête, j’enfonce ma tête dans un trou de sable comme pour les autruches et je me répète inlassablement, quotidiennement tout va bien, tout va bien, tout va bien.

Effectivement depuis que j’ai la tête dans le guidon tout va beaucoup mieux dans le monde enchanté et follement merveilleux de la prostitution où tous les clients sentent la savonnette, le jasmin et le muguet où tous les clients sont respectueux, sans aucune maladresse ni brusquerie me caresse avec douceur ; dans ce monde fabuleux où les clients sont des érudits avec des conversations hautement philosophiques et ne nous font pas éponger leurs inénarrables déboires conjugaux ainsi que la médiocrité et la petitesse de leur existence. Je suis terriblement épanoui dans ce monde prostitutionel où les femmes ne se prostituent pas pour de l’argent, mais par plaisir de se faire ***** par l’inconnu qui va m’imposer ses odeurs corporelles ainsi que ses sécrétions.

Il y a une bonne résolution que j’ai prise, il y a quelques années. Auparavant je m’efforçais coûte que coûte d’effacer, d’oublier la passe avec le client. Un jour, je me suis dit qu’il ne fallait justement pas que j’essaye d’occulter mes actes. Je devais accepter. Accepter ce dernier gros porc ahanant sur moi. Je devais accepter ses coups de queue à répétition accumulées de la terre à la lune de la lune à la terre. Je devais accepter ce dernier cunnilingus mal fait. Occulté ne ferait qu’aggraver les choses et laisserait en moi des souvenirs et images impérissables. Accepter, accepter encore et toujours accepter, surtout ne pas me sentir utilisé, essayer tant bien que mal de poser un regard détaché sur ce client qui m’utilise comme un jouet pour adultes.

Je devais accepter le regard méprisant que la société pose sur moi. Je devais apprendre à ne plus occulter, je devais apprendre à faire avec. J’ai passé toute ma vie d’adulte à dépasser mes limites pour copuler avec des hommes qui me répugnaient au plus haut point. J’ai fait toutes ces choses pour l’argent. Toutes ces choses, je ne les aurais jamais faites par amour ou par amitié. Et oui, derrière ces visages bien maquillés, derrière ces corps bien emballés bien apprêtés, derrière ces sourires enjôleurs et commerciaux que d’angoisses cachées, que de questions sans réponse, que de doute, que de gouffre, que de peur face à l’avenir, que de terreur face à sa vie et à la vie.

Alors pourquoi je continue ? J’entends déjà la conjuration des imbéciles heureux, alors pourquoi je continue ? Vous ne savez donc pas ? Pour l’argent, pour encore et toujours plus d’argent ! ! ! ! Essayez de me trouver un métier où l’on gagne de l’argent aussi rapidement sans avoir fait d’études sans aucun investissement financier inabordable. Vous ne trouvez pas ? Et bien moi non plus je n’ai pas trouvé. Alors oui, pour moi, par rapport à mon histoire, à mon passé ça vaux le coup. La prostitution est la seule chose qui me permet de sortir de ma misère. L’argent que m’apporte mon activité me permet d’avoir un train de vie que je n’aurais jamais pu espérer avec un travail normal sans qualification. Grâce à la prostitution, du jour au lendemain j’ai eu la chance de manger ce que je voulais, de m’habiller comme je voulais, d’habiter où je voulais.

L’argent de ma putasserie m’a permis d’acquérir une certaine forme d’indépendance, de confort, de liberté. L’argent améliore ma vie puissance 10. Pour avoir le droit à tout cela, j’estime que je peux bien faire un effort en supportant le client, d’autant plus que c’est un effort qui est compacté dans le temps puisque question endurance, ils sont quand même tous plus ou moins des éjaculateurs précoces. J’ai connu la clochardisation, j’ai connu la misère. Depuis cette période de ma vie, la pauvreté est une chose qui me terrifie profondément. Mes fins de mois nettement supérieures au smic se justifient par ma capacité à me transformer en guerrière pour aller saisir la poignée à fin d’ouvrir à l’inconnu derrière la porte. Cet effort que je fais sur moi, je ne le fais pas par courage, je le fais uniquement parce que je suis motivée par l’appât du gain. D’autant plus que cet inconnu derrière la porte qui en est réduit à payer pour avoir du sexe et s’ acheter la compagnie d’un être humain même si c’est Monsieur tout le monde : Monsieur tout le monde n’est pas forcément le haut du panier ! ! !

Je demande 200 € de l’heure pour ma capacité à copuler avec n’importe qui, sans être trop regardante sur la qualité de l’hygiène, du physique, de l’éducation du client. Même si le client ressemble à une poubelle ambulante, même s’il a une haleine fétide qui me donne l’impression qu’il a ingurgité des boules puantes pendant son repas du midi, même s’il sent des pieds le fromage pourri. Je dois supporter ses odeurs de transpiration ses sécrétions, son liquide séminal écœurant qu’il a bavé, dégouliné sur son ventre pire que les chutes du Niagara. Je vais devoir supporter son sexe mal lavé d’où il va émaner une subtile odeur de pisse et de chiotte. Car bien entendu, ces petits messieurs les clients sont comme des petits garçonnets et ne savent même pas se décalotter pour se laver la ***** correctement. On dirait des petits garçons qui s’imaginent que je mets le Tahiti douche uniquement pour faire décoration dans ma salle de bains. Je ne vous parle même pas des traces de matières fécales que je retrouve sur mes serviettes-éponges que je leur donne afin qu’ils puissent prendre leur douche.

Ils ont 30 ans 40 ans 50 ans ; ils sont avocat, chirurgien, capitaine d’entreprise ; ils viennent me voir avec des chaussures et des montres d’un luxe pas possible, et malgré tout ça, ils ne savent toujours pas appliquer le geste d’hygiène de base que leur mère leur inculquait quand ils avaient 4 ans. Même si j’ai pleinement conscience que lorsqu’on prend la décision de se prostituer ou prend en même temps la décision de mettre ses mains dans la m***** de ses congénères, supporter toutes leurs m***** pour 200 € ne me semble pas être si disproportionné et exagéré que cela.

Mes 200 € sont justifiés à souffrir en silence quand le client me mord ou pince ma poitrine de façon douloureuse. Quand il m’enfonce comme un sauvage ses trois doigts dans mon vagin en faisant des allers et venues comme un sauvage en me détruisant ma paroi vaginale avec ses ongles longs et crasseux. À me taire quand je subis un cunnilingus mal fait : quand le client se prend pour un aspirateur à ventouses, gobe mon clitoris comme si c’était un oeuf, me bave dessus comme un escargot, me gratifie de quelques coups de dentition, me rappant l’entre cuisse avec sa barbe naissante. Pendant ce temps-là pour faire croire aux clients que j’éprouve un plaisir immense alors que c’est bien plus pénible qu’autre chose, je me dandine, je me trémousse du bassin, je pousse quelques gémissements, je tords les draps entre mes doigts, je crispe les jambes pour me débarrasser au plus vite de la bave et de la langue dégueulasse du client remplit de je ne sais trop quelle microbes et bactéries.

Étant donné que les hommes sont des petits monstres de vanité imbue d’eux-mêmes. Étant donné qu’ils sont bêtes et crédules ; ils sont encore capables de croire qu’ils réussissent à me procurer un réel orgasme en me faisant grimper au rideau en me tringlant alors que la seule chose qu’ils réussissent à faire c’est à détruire la tringle à rideau. J’ai une copine qui pousse la simulation à la perfection : quand le client arrive, elle va faire un petit tour dans sa salle de bain afin de s’introduire une ovule qui va imiter les sécrétions vaginales. Aux premières minutes du rapport, dès que le client va commencer à tripoter son vagin, il va le sentir tout sec, après quelques minutes ils le voit s’humidifier par l’ovule qui fond petit à petit par la chaleur du corps. Ma copine est toujours morte de rire quand des clients qui ressemblent à des gravats, sont des amants pitoyables et en prime sont bêtes à manger du foin, lui disent d’un air bien convaincu qu’elle est différente des autres putes qu’ils ont rencontrés car elle au moins ça se voit tout de suite qu’elle fait ça pour son plaisir ! ! ! ! A se demander pourquoi - puisque elle est censée faire ça pour son plaisir - elle accepte de coucher avec le premier venu en échange d’argent au lieu de choisir un super beau mec qui lui plairait par son humour, son charme et sa culture et avec qui elle irait gratuitement. Mes fins de mois se justifient car je suis prête pour de l’argent à supporter la présence d’individu qui m’insupporterait, s’il n’y avait pas d’argent à la clé.

Au client, je lui joue le rôle de la fausse petite amie, la comédie, l’amour, la plante verte, hypocrite servile et souriante. Pour du fric, je suis toute disposée à lui jouer le rôle de la plante verte arrosable de sperme à la fin de la soirée. Je fais semblant de l’écouter, semblant de m’intéresser à sa conversation hautement affligeante et égotiste super centrée sur sa petite personne : avec le client s’est toujours son petit travail, sa petite vie, ses petites *****, ses petits déboires conjugaux ; enfin bref, c’est toujours les mêmes discussions insipides et soporifiques atteignant très vite la très très très basse médiocrité qui ne mène jamais à rien. Parfois, je fais même semblant de rire à leurs grosses blagues bien débiles qui ne sont pas drôles du tout et n’ont d’ailleurs jamais fait rire personne, hormis le client lui-même.

Non seulement le client paye pour que je lui suce sa queue mais en plus, il me paye pour que je lui lèche les bottes. Alors moyennant finance, je lui lèche les bottes. Et oui mes 200 euros de l’heure sont justifiés pour tout ça.

Pour moi, la mort est préférable à la pauvreté. Je préfère infiniment plus l’enfer et aliénation de la prostitution au chômage, au revenu minimum d’insertion, au prolétariat. La prostitution peut être un véritable enfer avec certains clients. Et l’aliénation vient du fait que tout cet argent si rapidement gagné et rend un retour à un quelconque métier normal payé au SMIC horaire, quasiment impossible psychologiquement, tellement l’accoutumance à tout ce fric est devenue une drogue pour moi.

Le reportage m’a paru être surfait et sur joué par certaine prostituées , notamment une certaine Sonia travaillant dans une vitrine en Belgique. On dirait que celle-ci a appris par cœur son texte. D’autres de ses collègues, ainsi qu’elle-même, ont fait acte d’une grande immodestie en se considérant comme des êtres uniques et exceptionnels qui apporte amitié, tendresse, écoute, affection à leurs clients. Il ne faudrait tout de même pas exagérer. Il serait peut-être temps, pour certaines, qu’elles arrêtent une fois pour toute de faire leurs prétentieuses en pétant plus haut que leur cul ne leur permet.

Quand on prend son vagin pour un tiroir-caisse, son corps pour un bien marchand et monnayable. Quand on met son amour-propre, sa pudeur aux oubliettes pour ne pas dire dans sa culotte. Il n’y a pas de p*** au grand coeur qui tienne ou je ne sais trop quelles fadaises et inepties du même genre. Nous sommes toutes sans aucune exception que de pitoyables traînées de bas étage. Quand à la p*** qui éprouverait une quelconque amitié pour son client en lui demandant effrontément des 200, des 300, des 400 euros de l’heure me paraît être un concept des plus comiques. Il faudrait ne pas trop fantasmer sur la soi-disant p*** grand cœur. La p*** au grand cœur n’est valable que pour les films en noir et blanc des années 50 avec Jean Gabin. Prenez trois putes, mettez les autour d’une table, faites-les parler de leur clientèle sans journalistes, sans caméra, sans client.

Quand vous allez assister au déferlement de mépris et de moquerie qui va découler de leur conversation je vous garantis sur facture que le fameux mythe de la p*** au grand cœur, va en prendre un sacré coup. Pour celle qui s’épanouit dans la prostitution, puisqu’elle les aime tant que cela leur client ; puisque la prostitution est une chose tellement agréable et épanouissante, elles n’ont qu’à coucher gratuitement avec eux. Ou même mieux, elles n’ont qu’à payer leurs clients. Pour une fois, ça leur fera du changement. J’ai bien peur, qu’elles ne trouvent pas cet arrangement à leur goût.

Les clients nous aiment uniquement lorsque nous sommes habillés sexy, bien maquillée, joviale, avenante, accueillante, malicieuse, entreprenante. Si demain, je m’amuse à me présenter face au client en pyjama, avec des bigoudis enroulés sur ma tête et qu’en prime, je lui fais le grand déballage de printemps en lui parlant de mes gouffres, de mes terreurs, ma part d’ombre. Je ne suis pas trop sûre que ce même client à la recherche de distraction, d’amusement et d’un oasis de liberté dans son emploi du temps me trouve des plus distrayante.

Pour ma part, vous aurez beau me mettre face à moi, le client le plus sympathique, le plus charmant au monde ; de façon inconsciemment, au très fond de moi-même, je vais systématiquement le détester parce que face à lui le suis obligée de me comporter comme la plus vile des chiennes, comme la plus vile des serpillières. Pourquoi je vais le détester ? tout simplement parce que j’ai besoin de l’argent du client. Et pour obtenir que le client me donne son argent j’en suis réduite à me comporter justement comme la plus vile des chiennes, comme la plus vile des serpillières. Je vais également détester le client car celui-ci avec l’aide de son argent, il est un peu le gardien de ma déchéance. Remarquez pour cela, à la limite, je n’ai besoin de personne, je le fais très bien toute seule en étant la gardienne de ma propre déchéance.

Il y a une chose aussi que j’ai bien remarqué chez beaucoup de mes consœurs, il faut toujours qu’elles se donnent plus d’importance, de grandeur, de magnificence qu’elles n’en ont en réalité. Elles préfèrent mettre en avant le côté faussement relationnel qu’elles ont avec le client, plutôt que d’assumer leur côté suceuses de bites et dévidoirs à foutre. Dans de nombreux reportages télé, beaucoup d’entre elles nous expliquent la bouche en cœur, la gueule enfarinée que des clients les payent uniquement pour discuter. Après toutes ces années de prostitution, pas une seule fois j’ai eu la chance de tomber sur ce genre de clientèle. Même si très souvent il y a 50 minutes de discussion pour 10 minutes de rapports sexuels ; j’ai toujours du passer à la casserole. Peut-être que ça leur est arrivé quelquefois dans leur carrière, de tomber sur ce genre de client, mais toutes grandes mythomanes qu’elles sont, elles montent ça en épingle en nous faisant croire que c’est quelque chose de récurrent alors que ça reste de l’ordre de l’exceptionnel.

Il faut faire attention à ne pas trop extrapoler sur la relation p***/client. Puisque ces grandes dames se prennent pour des psychologues, des analystes, des psychiatres. Puisqu’à les entendre le côté et sexe n’est pas le plus important dans la quête et la démarche du client. Je suggère à ces grandes dames de proposer, comme le ferait une psychologue, des relations uniquement centrées sur l’échange verbal sans aucun acte sexuel. Je ne pense pas que ce genre de service puisse intéresser de nombreux clients.

Maintenant, évidemment que je vais être gentille avec le client, que je vais m’efforcer d’être aimable avec lui, de lui faire la conversation. Ma gentillesse n’est pas destinée à la personnalité de l’être humain que j’ ai en face de moi. Mon amabilité est uniquement destinée au client qui m’a payé. Je préfère 1000 fois bavasser avec le client, que me faire défoncer le vagin pendant une heure. Ma prévenance à son égard n’est pas du à ma philanthropie ou à ma charité chrétienne. À partir du moment où le client m’a payé, je me dois lui fournir, au minimum la prestation pour laquelle il m’a rétribué.

Si j’étais réellement une p*** au grand cœur, je tiendrais compagnie et j’écouterais gratuitement le client me raconter ses déboires existentiels. À ce sujet, je me suis souvent demandé, au nom de quoi et de quel droit, le client se permet de me bouffer mon énergie, de grignoter ma joie de vivre en me faisant subir et en m’imposant toute sa m***** existentielle. J’ai infiniment plus de respect pour le client qui est équilibré, clair dans sa tête, qui va à la limite même pas me regarder, même pas me parler en me considérant uniquement comme une prestataire de services.

Certains de mes clients, quand ils s’en vont, me souhaitent bon courage. Dans ce bon courage, il y a tout un monde. Cela signifie qu’il a bien compris que je ne suis pas une nymphomane, une hystérique, une *****. Je me sens infiniment plus respectée par ce genre de clientèle que par l’abruti qui s’imagine que je prends un plaisir immense à éponger sa conversation insipide en s’imaginant que j’attends après lui pour éprouver un quelconque plaisir sexuel.

Quant à mon mépris face aux clients. Je vous garantis que quand on est au minimum observatrice, quand on se rend compte de ce que sont réellement les hommes et surtout à quel point ils peuvent être stupides, je vous assure que c’est très dur de ne pas les mépriser.
Certains me demandent au téléphone si ça va être plaisir partagé. Bien entendu, ayant besoin de leur fric, je ne risque sûrement pas de me les contrarier. Évidemment en toute bonne commerçante que je suis, je leur dis que je me prostitue pour joindre l’utile à l’agréable que je suis une occasionnelle que je passe des annonces de façon épisodique (et gnangnan et gnangnan). Le type est à l’autre bout du téléphone, je ne l’ai jamais vu, je ne sais pas a quoi il ressemble, je ne sais pas s’il va me plaire ou pas me plaire. Je ne sais pas s’il va me caresser avec douceur ou brutalité, je ne connais pas son odeur est ce petit monsieur me demande si ça va être plaisir partagé ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?

D’autres me disent qu’ils veulent que je leur donne de la tendresse. Premièrement si le client me paye, je ne risque surement pas de lui donner ma tendresse, je vais lui la vendre. Le problème c’est que la tendresse est un sentiment tellement noble et grandiose qu’elle n’a pas de prix et n’est surement pas monnayable. Ma tendresse, je la garde pour mon chien, pour mes amis. Je ne vais surement pas m’amuser à la dilapider auprès d’un client qui en a strictement rien à foutre de ma tronche et va m’oublier vite fait bien fait dès qu’il sera sorti de mon appartement pour aller rejoindre sa femme et ses enfants.

Le client me donne de l’argent parce qu’il désire maintenir une distance entre lui et moi afin qu’il n’ait surtout pas d’affect entre nous. Ce client, par l’argent qu ‘il me donne, ne veut surtout pas de moi dans sa vie et symboliquement, par le biais de l’échange monétaire, me rejette. Et bien ce client tout tranquillement, veut que je lui témoigne de la tendresse. Et puis quoi encore ! ! ! ! !

Il a également le gros niais de service, qui vient me casser les burnes en me disant "je suis un cérébral, mon plaisir c'est ton plaisir et bla-bla-bla"

(PPPPPFFFFFFFFFFFFF ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !). Non mais, comme si j’attendais après lui pour qu’il vienne me faire jouir. C’est à croire qu’il souhaite que je lui dise << écoute mon petit coco, j’en ai strictement rien à foutre de ta sale tronche de macaque, j’ai qu’une seule envie c’est que tu payes et que tu dégages le plus rapidement possible. D’ailleurs, à ce sujet, tu ne pourras jamais t’imaginer, à quel point je me sens bien, à quel point je suis heureuse lorsque tu quittes mon appartement et que je referme la porte sur toi en entendant le bruit de tes pas qui descendent les escaliers. Par contre, si tu veux me procurer un orgasme, au lieu de me donner un billet de 200 €, je te suggère vivement de me donner 10 billets de 500 €. À ce moment-là je te garantis mon petit coco que je vais mouiller ma culotte sans aucune simulation>>.

Il y a également l’éjaculateur précoce qui s’excuse de n’avoir pas été suffisamment performant et qui me dit qu’il fera mieux la prochaine fois. Comme si mon plus grand plaisir existentiel était de me faire limer pendant 10 millions d’années par mes clients ; alors que je suis justement toute réjouie que cela finisse aussi vite et de m‘en tirer à si bon compte.

Pour en revenir au reportage, Il ne m’a pas appris grand chose si ce n’est un long défilé rempli de banalité et de lieu commun sans grand intérêt. Les journalistes vont toujours chercher les mêmes prostituées moches et dequatilles qui font office de V.R.P de la prostitution.

Ces prostituées qui décident librement de montrer leur visage à la France entière, sans aucune honte ni pudeur, sont dans un tel état de déchéance, de négation et de non respect d’elles-mêmes ; qu’elles n’éprouvent vis a vis d’elles-mêmes, ni honte ni pudeur. Ma honte par rapport à ma condition de *****, me permet d’être maintenue par un fil qui fait que j’ai encore un pied dans le monde des humains et que je ne suis pas encore un animal. Je suis fière de ma honte. Le jour où je n’aurais plus honte d’être une ***** je serais irrécupérable et perdue à tout jamais.  "





Publié sur le forum de France 2
Source : ici

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13 mars 2009

Attention à la marche

Aujourd'hui à midi, comme souvent lorsque je mange, je regarde des émissions débiles à la télé. Honte à moi.
Ce midi donc je zappe sur Attention à la marche sur TF1, spéciale Théâtre, des invités sont là.
Puis je ne sais pour quelle raison, Philippe Lellouche prend la parole et dit texto qu'il est un macho. "Je le reconnais."
Ah bein ça va alors s'il le reconnait.

D'ailleurs il le dit lui-même : "Au moins j'en suis conscient."
Et il continue comme ça son petit coming out sexiste "J'en branle pas une,etc"
Rires du public, ha ha ha ce que c'est drôle, ce qu'il est taquin. Tout le monde trouve ça normal. En gros le gars dit qu'il s'auto-exclut des tâches ménagères (et autres trucs ingrats) parce qu'il est affublé d'un pénis et personne ne trouve rien à redire. C'est une attitude. Comme l'a écrit Virginie Despentes, faire preuve de sexisme pour les hommes, ne pas aimer les femmes et s'en vanter, c'est une attitude. Le cas d'une femme qui afficherait ouvertement une animosité envers les hommes relève de la pathologie.

Parions que s'il avait fait preuve de racisme avec la même sincérité : "Non j'aime pas les noirs, mais bon, au moins je le reconnais", ç'aurait passé beaucoup moins bien...

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26 février 2009

Me revoilà!

Salut les amis (et les autres)!
Ca fait un bail, je sais. Je vous ai délaissés, je sais.  Mais aujourd'hui je reprends les rênes de ce blog parce que merde, il y a encore des choses à dire!
Il y a peu, je découvre un joli article d'une connaissance vegan, il ressemble pour beaucoup à l'un des articles qui a précipité mon végétarisme.
Lisez plutôt!

"1/ Durant les 20 premières années de ma vie, je ne me préoccupe pas de ce qui se trouve dans mon assiette. Je mange du "blanc de poulet", du "steak", des tranches de "jambon", du "foie gras". Pour moi ce n'est que des mots ainsi donnés à de la nourriture. Je ne me pose pas plus de question que cela, et pourtant j'aime les animaux ! J'aspire depuis toute petite à devenir vétérinaire, je récupère toutes les petites bêtes blessées à la maison, hérissons, pigeons, crapaud, mais au niveau de la bouffe, rien, et c'est pas que je veuille fermer les yeux sur la réalité hein. mais rien.

Bon, on sait tous qu'on mange des animaux. Mais ça va pas plus loin que ça. Quand on mange "des particules de nerfs, de tendons, de vaisseaux sanguins ou d'os* mêlées à de la chair animale broyée, le tout, inséré dans un boyau (naturel ou synthétique)", on mange de la saucisse, on banalise, on sait même plus ce qu'on bouffe putain et moi ça m'énerve ! je rappel quand même qu'un boyau c'est ça et c'est par là que circule la bouffe digérée, (la merde quoi soyons direct ^^ ), par les porcs. pouah ! *(les saucisses industrielles sont faites avec de la viande désossée mécaniquement, donc un peu de tout se retrouve dans les saucisses,miam)

Le rapport que l'on a vis à vis de la nourriture n'est plus le même. Ce qu'il a dans votre assiette , c'est tout bonnement, de la chair animal. C'est pas simplement un aliment comme le sont les lentilles, le pain, les oranges ! C'est le résultat de la séquestration d'un être vivant, de sa mise à mort, et de l'étalage de sa chair dans le rayon viande de carrefour.
Les gens ne font plus le rapport entre l'animal vivant, et le steak dans leur assiette, et ça, c'est grave.


2/ Puis après mon BAC S, je suis admise à l'institut universitaire et technologique de périgueux, en filière agricole, pour deux ans. Visite de ferme d'élevage, d'abattoir, on étudie à peu près tous les systèmes agricoles. Entre les deux années, on effectue un stage obligatoire en exploitation. J'ai donc écris le pavé qui va suivre y'a quoi.. 1an et demi presque, à la sortie du stage :


"J'ai décidé de rédiger ces lignes pour faire part de mon ressenti, je trouve important de montrer la réalité telle qu'elle est. Ouvrir les yeux, et enfin comprendre dans quel monde nous évoluons, c'est le travail que chacun d'entre nous devrait faire...

"- En tant qu'étudiant en génie biologie, option agronomie, vous devez, pour valider votre diplôme, effectuer un stage de huit semaines en exploitation agricole...
- Un stage de huit semaines ? En exploitation polyculture élevage oui... Qu'est ce que l'on va bien pouvoir faire dans une ferme ? Soigner les bêtes, donner du foin, pailler les boxes, des trucs de fermier quoi..."

Arrivée à la gare, on passe me chercher en voiture. Trente-cinq minutes plus tard, on arrive sur l'exploitation : des parcelles à perte de vue, un soleil éblouissant les champs de colza dans un décor magnifique, pâturages verts et ciel bleu... Un beau commencement... Mais je suis loin d'imaginer ce qui m'attends...

On me présente à la famille et aux personnes travaillant ici. Tout le monde est très accueillant, je me sens bien et je me dis que je vais passer un bon séjour en leur compagnie. Logée, nourrie au sein même de l'entreprise, je vais passer huit semaines immergée dans le monde agricole, dont je n'ai vraiment aucune connaissance. C'est une découverte, je suis alors encore "omnivore" et je suis à des années lumières de la vérité...

Le troupeau de chèvres laitières:

Un troupeau de deux cents chèvres laitières attend dans la stabulation. Je suis extasiée devant toutes ces bêtes. Insouciante fille de la ville, je me réjouis pour la première fois d'aller faire la traite, pouvoir les voir de près, les toucher, les caresser...
Les bêtes défilent sur des quais. Elles sont à notre hauteur. On leur applique à la main des gobelets trayeurs. Pendant la traite, on leurs donne du grain pour les distraire. Elles sont toutes conditionnées à cette tâche quotidienne : entrer sur le quai, passer la tête entre les cornadis (deux barres de fer pour avoir la tête maintenue), manger, attendre, et ressortir..

Quelques unes sont quand même apeurées avec le bruit de la trayeuse, les chiens qui aboient... J'essaye d'en maintenir une qui manque de tomber du quai. Elle réussit à s'enfoncer un clou dans la paupière et elle force dessus pour s'échapper. De mon côté, j'essaye de lui enlever, mais elle a peur, et tire sa tête... Enfin elle s'en décroche, et passe sa tête dans les cornadis et mange... Je n'ose même plus la toucher, je me sens coupable de ce qui lui est arrivé...Puis une autre chèvre a ses cornes coincées dans les cornadis. Je m'en vais pour l'aider, car ayant réussi à passer sa tête, elle pouvait aisément la repasser une seconde fois. Mais j'arrive trop tard, un apprenti brandit une paire de cisailles et s'acharne sur les cornes de la pauvre bête qui se débat comme elle peut, la tête coincée dans les cornadis : écornée à froid. Je suis écœurée et je pars pleurer derrière le hangar. Comment peut-on faire une telle chose ? Il n'avait pourtant pas besoin de faire cela ! Que voulait-il me démontrer ?

L'abattoir et la viande:

Régulièrement, plusieurs chèvres partent à l'abattoir, et "reviennent" en morceaux dans des caissons isothermes. La viande est ensuite travaillée sur l'exploitation pour l'élaboration de produits transformés. Je n'ai pas accepté de rentrer dans les locaux de l'abattoir, je ne voulais pas voir cela. J'aurais peut-être dû maintenant que j'y repense, je n'étais pas encore végétarienne à l'époque, cela m'aurait peut-être plus vite décidé.
J'ai mis mes mains dans la chair, j'ai découpé des lambeaux, j'ai trié des poumons et des cœurs, et tout ça sans vraiment être dégoûtée, il fallait le faire, alors je l'ai fait, sans me poser de questions...

Le passage au végétarisme:

Les jours passent. Je m'occupe des chèvres, je fais les traites, le paillage. Parallèlement, je me renseigne énormément sur Internet, sur les conditions de vie des animaux dans les élevages industriels, sur le végétarisme. Je lis des témoignages, et petit à petit, j'ouvre les yeux. Je découvre de plus en plus de choses incroyables que je n'imaginais même pas. Comment la viande arrive dans mon assiette, les conditions pitoyables des poules de batterie, pourquoi boire le lait d'une autre espèce, comment peut-on continuer à tester des cosmétiques sur les animaux, alors qu'il existe des équivalents tout aussi cher non testés... Mais aussi la fabrication du cuir et le mode d'obtention de la laine m'interpellent.
Du jour au lendemain, j'ai un déclic, et cela deux semaines après mon arrivée à la ferme.
J'annonce la couleur. On me dit, que je ne vais jamais tenir, que ce n'est qu'une passade, une lubie. Je suis nouvelle dans le monde du végétarisme, pour moi, quinoa, tofu, seitan et autres aliment peu communs, ne me disent rien.

Il m'est dur de satisfaire à mon alimentation végétarienne au cours du stage en ferme : pas beaucoup de légumes, et beaucoup de pâté, rillettes, pot au feu, cassoulet aux repas. Je fais comme je peux, et je suis incomprise par les gens de la ferme, par leur amis qui viennent. On me rit au nez, je me fais toute petite. Baisser la tête... et se taire.

Le lait de chèvre:

Les naissances ont lieu. Deux cents petits sont arrachés à leur mère, parqués dans des boxes trop petits. Je n'ose plus entrer dans la stabulation. Je ne veux pas voir tout cela.Les chevreaux sont nourris au biberon, et quand ils ont deux mois, ils sont emmenés à l'abattoir par lot variant de cinq à dix individus.
Deux mois seulement... deux mois sans marcher, sans courir... deux mois à chercher la lumière, l'air et crier quand une ombre passe. Beaucoup de corps s'entassent, maladie ou faiblesse de naissance, certains se laissent mourir, comme s'ils savaient qu'il n'y avait rien à espérer. Aucun espoir, la mort est inévitable.

Les chevrettes, elles, rejoignent le troupeau des chèvres laitières, et donneront, à leur tour, naissance à un ou deux petits l'année suivante. Les chèvres sont jetées à l'abattoir à l'âge de trois ans, remplacées par du "neuf", quand on sait qu'une chèvre peut vivre jusqu'à l'âge de quinze ans...tout ça pour le profit, ne pas prendre en compte les intérêts de la chèvre à vivre, l'achever alors qu'elle entre à peine dans sa phase "adulte ", seulement parce que elle ne rapporte plus assez ??

Je m'interroge alors sur le lait. L'être humain est le seul mammifère à boire le lait des autres animaux. Il est également le seul à continuer à boire du lait après son sevrage. Le lait n'est pas adapté à l'alimentation humaine, c'est un fait que les grandes firmes contredisent pour continuer à se faire du profit sur notre dos.
De plus, en raison de nos méthodes modernes d'élevage, le lait est devenu un vrai concentré d'antibiotiques et d'hormones administrés aux animaux, ainsi que de substances chimiques utilisées pour traiter leurs aliments.

L'exploitation possède aussi des vaches à viande. Je me souviendrai toujours de ce jour-là, le jour où il a fallu enfermer un taureau dans un fourgon pour le mener à la mort. Une bête magnifique, jeune, une robe dans les marrons avec des dégradés de noir. Insouciante, elle s'est gentiment laissé conduire, je l'ai regardé dans les yeux, et je me suis retenu de pleurer, « désolé », j'ai murmuré, « désolé ».


Fin de stage

Enfin les huit semaines sont achevées. Je reviens dépitée, mais je ne me laisse pas abattre pour autant. Les jours passent et je me rends compte que finalement, s'il n'y avait pas eu ce stage, je ne me serai peut-être jamais posé ces questions, ou peut-être pas tout de suite.

Avec le temps, je diversifie mon alimentation. Je comprends que les protéines ne sont pas uniquement présentes dans la viande, que le lait n'est pas le seul à contenir du calcium, et qu'il faut alterner oléoprotéagineux et légumineuses. Je bois encore du lait et je mange encore des œufs, le manque de Vitamine B12 me fait peur.

Mon entourage accepte mon végétarisme. Je deviens de plus en plus forte aux pressions et remarques extérieures. Je me dis que de toutes façons, je sais que j'ai raison, qu'ils ne cherchent pas à comprendre et que tant qu'ils ne voudront pas ouvrir leur esprit sur ce sujet, ils n'avanceront pas.

Alors maintenant j'ouvre ma gueule, je ne me laisse plus marcher sur les pieds. Je suis fière d'être ce que je suis, de ce que je suis devenue, et pour rien au monde je ne changerai.
Je vais peut-être, à de nombreuses reprises, devoir supporter des remarques désobligeantes, et alors ?

Baisser les yeux et se taire... Plus jamais !"

Son blog ici

Posté par Je_mexprime à 17:35 - Végétarisme et antispécisme - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 janvier 2009

Petite histoire

Désolée pour le manque d' "apport" sur ce blog, je n'ai ni le temps ni l'ADSL ces derniers temps afin de le nourrir au mieux!
Voici, pour vous, une petite histoire que je trouve mignonne. (Trouvée sur Vegeweb)



"Au bord de l'eau, dans un petit village mexicain, un bateau rentre au port.
Un américain qui est là, complimente le pêcheur mexicain sur la qualité de ses prises et lui demande combien de temps il lui a fallu pour les capturer.

- "Pas très longtemps" répond le Mexicain.
- "Mais alors, pourquoi n'êtes-vous pas resté en mer plus longtemps pour en attraper plus ?" demande l'Américain.

Le Mexicain répond que ces quelques poissons suffisent à assurer la subsistance de sa famille.
L'Américain demande alors :

- "Mais que faites-vous le reste du temps ?"
- "Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme . Le soir, je vais au village voir mes amis, nous buvons du vin et jouons de la guitare. J'ai une vie bien remplie.

L'Américain l'interrompt :

- "J'ai un MBA de l'université de Harvard et je peux vous aider.
Vous devriez commencer par pêcher plus longtemps.
Avec les bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros bateau.
Avec l'argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite jusqu'à ce que vous possédiez une flotte de chalutiers.
Au lieu de vendre votre poisson à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l'usine et même ouvrir votre propre usine.
Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Mexico, Los Angeles, puis peut-être New York d'où vous dirigeriez toutes vos affaires."

Le mexicain demande alors :

- "Et combien de temps cela prendrait-il ?"
- "10 ou 20 ans", répond l'Américain.
- "Et après ?"
- "Après ? C'est là que ça devient intéressant", répond l'Américain en riant, "Quand le moment sera venu, vous pourrez introduire votre société en bourse et vous gagnerez des millions."
- "Des millions ? Mais après ?"
- "Après ?"
- "... Vous pourrez prendre votre retraite, habiter dans un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme et passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis..."

Posté par Je_mexprime à 18:18 - Société - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 décembre 2008

A bas les jouets sexistes

Noël arrive à grands pas, et il est temps d'acheter des présents aux gens que nous aimons. Je préfère cette version, moins cynique, à : "il est temps d'aller  se ruiner en cadeaux stupides et babioles inutiles qui feront à peine plaisir à notre entourage qui s'empressera de les revendre sur e-bay." Mais j'avoue, j'ai hésité.

Si vous avez des cadeaux à offrir à des enfants et notamment à des filles, vous allez devoir traverser des rayons couleur guimauve gerbante et sans doute allez-vous passer devant ce genre de jouets :

Jouet_1 Le parfait kit de la femme de ménage! Faut s'habituer très tôt aux boulots sous-payés !


Jouet_2 Le petit fer à repasser, parfait pour les jupes ras la moule de Barbie qui l'aura froissée dans sa Cadillac rose

Jouet_3La caisse de chez Mc do ou comment faire du lavage de cerveau aux plus jeunes


Ne perpétuons pas les traditions machistes et l'assujettissement des femmes!
Réfléchissons avant d'acheter un cadeau!



Sinon, voici quelques petits dessins amusants, vus sur le blog d'Emelire : le féminin l'emporte

aspirateur

NOUVELLE GAMME DE JOUETS FILLE avec détecteur de testostérone. Toute tentative de manipulation de la part d’un garçon déclenche une alarme et une légère décharge électrique (modèle de luxe). Ainsi vous êtes alerté si votre petit mec touche par malheur l’aspirateur ou la poupée qui parle et qui pisse de sa soeur. De son côté, l’enfant est totalement dissuadé de recommencer, c’est éducatif ! Tous nos produits sont élaborés sous le contrôle du bon docteur Miaouri, pédopsychiastrologue renommé. (Texte d'Emelire)

Poupon_gerbant Ce n'est pas un jouet de garçon? On se demande bien pourquoi!!!

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05 décembre 2008

Et bon appétit bien sûr!

Ah... Bientôt les fêtes... et son lot de repas claniques où l'on est  réunis autour d'une jolie table décorée pour l'occasion. Et si on a bien regardé les émissions de Valérie Damidot on sait comment agencer sa table, ça vous change un Noël moi je vous le dis. Bref, cette année, comme toutes les autres, peu de gens vont échapper au sempiternel foie-gras dans leur assiette. Pour ceux qui vivent encore dans le monde des Bisounours (et croient encore au Père Noël, ça va de pair), je vous propose une petit résumé aperçu sur le gavage des oies.

"Les canetons ou oisons naissent dans un couvoir : les oeufs sont placés sur des chariots dans de grandes armoires à incubation.

Chez les canards, seuls les mâles sont gavés, l’utilisation des femelles est interdite. Le foie des femelles est trop nervé. Les oisillons sont donc triés par sexe dès leur sortie de l'oeuf. Il existe deux techniques pour le faire, soit par autosexage (pour certaines souches, la sélection génétique permet de différencier mâles et femelles par une tâche noire sur la tête des animaux), soit par retournement du cloaque.

Les femelles mulardes sont généralement éliminées (par broyage) après leur naissance.

A un jour, les canetons sont transportés dans un élevage qui les mènera jusqu’à la phase de gavage à l’âge de 80 jours environ.

Le gavage consiste à administrer de force à l’aide d’un tuyau enfoncé de la gorge à l’estomac de l’animal des aliments en grande quantité, très énergétiques et déséquilibrés. Cette opération prend 45 à 60 secondes avec la méthode artisanale. Elle ne prend que 2 à 3 seconde avec la méthode industrielles (largement prédominante) de gavage à la pompe hydraulique ou pneumatique. Les oiseaux sont gavés deux fois par jour.

En France, 75% des canards sont enfermés dans des cages de batterie où ils ne peuvent ni se lever, ni se retourner, ni étendre leurs ailes.

La recommandation de 1999 interdit l'usage des cages individuelles (la France n'applique pas cette recommandation...) Comme alternative à la cage individuelle, il existe la cage collective.

D'autres sont enfermés dans des parcs, utilisés pour les oies également.
Suite au choc du gavage, l’animal est pris de diarrhées et de halètements.

Le fonctionnement du foie est perturbé, l'animal a du mal à réguler la température de son corps, il développe une maladie appelée stéatose hépatique. En outre, les dimensions de son foie hypertrophié qui atteindra presque 10 fois son volume normal, rendent sa respiration difficile, et ses déplacements pénibles. Les sacs pulmonaires sont compressés, le centre de gravité de l’animal est déplacé.

Outre la longue liste des maladies, troubles et le malaise général des animaux gavés et encagés, les statistiques de mortalité trahissent l'état de santé des animaux suralimentés. Le rapport de 1998 du Comité Scientifique vétérinaire mandaté par la commission européenne mentionne même des taux de 10 à 20 fois plus élevés en gavage qu'en élevage.

Au bout d'une douzaine de jours de gavage, les oiseaux sont alors emmenés à l'abattoir dans des caisses où ils sont entassés.

En période de gavage, les canards sont enfermés sur des sols durs (grillage, caillebotis...), ils développent des infections aux pattes.

Ils sont étourdis par électronarcose puis saignés.
Il arrive fréquemment que les oiseaux se réveillent avant ou en cours de saignée.
Ils sont ensuite plumés, éventrés, vidés, leur foie est prélevé est conditionné pour être consommable."

Informations trouvées sur le site L214

oies  La photo vient du site : www.virtualsined.com/

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